Liban : La banque mondiale appuie le port de Beyro
- José Lalande
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- 14 août 2021
Liban : Le port de Beyrouth bénéficie d’un appui de la banque mondiale
La banque mondiale a prévu aider le Liban dans le cadre de numérisation et modernisation du port de Beyrouth. Ceci vise à une orientation technique pour sortir le pays de la crise qu'elle traverse depuis peu.
<< La numérisation est l’une des pierres angulaires de la reconstruction et de la modernisation des opérations du port de Beyrouth (PoB).>> Tels sont les mots-clés d'un communiqué de presse de la Banque mondiale le 10 août 2022, visant à fournir des directives aux autorités gouvernementales sur les conduites à tenir pour la reconstruction et l'amélioration de cette infrastructure vitale, sachant que le déploiement d’un plan d’action numérique efficace pour le POB est subordonné à un engagement politique de haut niveau.
Intitulée en anglais "Reforming and pRebuilding Lebanon’s Port Sector: Policies and Solutions for Digitalizing the Port of Beirut", cette missive expose les règles fondatrices pour la conception et la mise en œuvre de solutions commerciales numériques au PoB. Elle rend non seulement compte de l'importance de la numérisation, mais aussi et surtout, décrit les éléments constitutifs d’un environnement favorable à cette transition prometteuse et présente les freins au changement ainsi que les approches possibles pour les surmonter. Élaborée en collaboration avec l’Agence française de développement (AFD), cette note détaille plus le programme de numérisation dont les grandes lignes faisaient l’objet de la première note sur la réforme institutionnelle du secteur portuaire au Liban, publiée par la Banque mondiale en janvier 2021.
Par ailleurs, il est constaté ces derniers temps, une faiblesse notoire de ce secteur, laquelle impuissance est due à la crise économique en cours, effet de la pandémie de COVID-19 et l’explosion du PoB qui l'ont sévèrement touché, et exposant ainsi son incapacité à prévoir et recenser les risques externes et à y répondre. En effet, la lenteur prévisible de la reprise du secteur aéroportuaire libanais risque d’exacerber la charge sur l’économie nationale, alors que l'on note l'élévation et la récurrence des coûts d'opportunités avec les autres ports de la région de la Méditerranée orientale qui devrait s’intensifier.
UTILITÉS DE LA NUMÉRISATION PORTUAIRE POUR LE PEUPLE LIBANAIS.
La note déclare que la numérisation du port de Beyrouth promet bien d'avantages sur l’économie libanaise, par le renfort de la lutte contre la corruption et la restauration de la confiance de la population dans l'administration politique. De même, elle contribuera à la réduction des coûts commerciaux et la bureaucratie, ce qui conduira à la participation au commerce international de petites et moyennes entreprises du pays. La numérisation des ports accroît la transparence des mouvements de substances dangereuses et permet de détecter les seuils de dangers ou encore les cas de stockage multiple. Elle renforce également l’efficacité, la performance et la prévisibilité des services logistiques. Enfin, cette stratégie moderne a l'aptitude d'améliorer les contrôles réglementaires et la prise de décisions grâce à l’analyse des données Big Data et à la création de nouveaux indicateurs-clés de performance et de veille commerciale.
OPINIONS DES AUTORITÉS FACE À CETTE INITIATIVE.
Bien d'autorités ne sont pas restées sans réactions face à cette innovation ; certaines en ont exprimé vivement leur accord. Ceci peut se sentir dans la conception de Saroj Kumar Jha, directeur régional de la banque mondiale pour le Machrek qui confirme : <<L'évolution rapide de la technologie façonne les ports numériques du futur et le Liban ne doit pas rester à l'écart en veillant à associer toutes les parties prenantes, le Liban devrait immédiatement adopter un cadre institutionnel portuaire spécial pour réformer le secteur et lancer le processus de transformation vers une modernisation technologique structurée et systématique du port de Beyrouth, et ce, afin de soutenir la reprise économique du pays. » Et Arthur Germond, responsable du bureau de l’AFD à Beyrouth, ne pensera pas le contraire : « Les autorités libanaises doivent d’urgence moderniser les opérations portuaires. Cette mise à niveau est impérative pour relancer l’économie du pays, mais elle ne portera ses fruits qu’après une refonte complète du cadre institutionnel et juridique du système portuaire libanais. La France, par l’intermédiaire de l’AFD notamment, est prête à travailler avec les autorités libanaises dans ce sens. » Ce qui revient à comprendre que le pays bénéficiera même de l'appui français.
DIRECTIVES DE LA BANQUE MONDIALE POUR LE SUCCÈS DU PROJET.
La note propose un plan de numérisation reposant sur trois piliers qui garantissent que les axes de l’action publique ne se limitent pas à l’architecture technologique, mais qu’elles intègrent le cadre économique et les capacités humaines. Tout d’abord, le pilier institutionnel, qui vise à renforcer l’environnement numérique libanais, impliquant des réformes du cadre législatif et opérationnel en vue de faciliter les échanges, d’améliorer les formalités douanières et de mettre en place une infrastructure digitale nationale adaptée. Il faudra pour cela, entre autres, promulguer la nouvelle loi sur les douanes et en restructurer l’administration pour mettre en place une organisation centralisée. Ensuite, le pilier numérique recommande la mise en œuvre de trois solutions, à savoir le « guichet unique maritime », le « système communautaire portuaire » et le « guichet unique national », qui permettent un échange d’informations intelligent et sécurisé entre acteurs publics et privés. Enfin, le pilier du capital humain qui veille à ce que les capacités requises soient en place, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.
Par conséquent, la réussite de cette transformation numérique dépend de la mise en œuvre de réformes structurelles, liées notamment à la gouvernance et au cadre institutionnel du secteur portuaire. Les solutions numériques ne doivent pas être considérées comme un simple projet d’infrastructure portuaire informatisée. Au-delà de l’infrastructure matérielle et logicielle, il est indispensable de renforcer et d’adapter le cadre institutionnel et législatif pour en assurer le bon fonctionnement. En effet, l’adoption complète et réelle d’un plan d’action numérique nécessite un ensemble de réformes de fond. Certaines d’entre elles, mises en évidence il y a bien longtemps et considérées comme urgentes, en sont restées au stade de la pure théorie et ne sont toujours pas mises en œuvre jusque-là. Leur lancement enverrait des signaux positifs de changement aux opérateurs portuaires privés et aux acteurs de l’industrie logistique, ce qui contribuerait à débloquer des investissements indispensables dans le secteur portuaire libanais.
Tout porte à croire que cette stratégie moderne favoriserait l'économie libanaise. Reste donc à savoir si elle ne reste pas sans effets secondaires.

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